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Novatech 2007 - à venir |
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Bilan de Novatech 2007 |
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Date : 24 au 28 juin 2007
Lieu : Eurexpo-Lyon - France
Organisation : GRAIE
Co-organisateurs : Grand Lyon, Région Rhône-Alpes, Agences de
l'eau, Eurydice 92, ASTEE et INSA de Lyon
Thème général : la conception, la mise en uvre
et l'exploitation de solutions innovantes et plus durables de gestion des
eaux urbaines et péri-urbaines par temps de pluie.
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Principes :
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Les conférences Novatech ont lieu tous les trois ans depuis 1992, toujours
à Lyon.
Leur spécificité est d'accueillir à la fois les chercheurs
(environ 35% des participants), et les acteurs opérationnels de la
gestion urbaine de l'eau. Une exposition de produits innovants sélectionnés
a lieu en parallèle à la conférence.
Novatech est reconnue comme l'une des plus importantes conférences
internationales dans le domaine par les différentes organisations scientifiques
et professionnelles.
La traduction simultanée français-anglais dans toutes les sessions
permet des échanges faciles entre les participants français
et les participants étrangers.
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Grands Chiffres
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- 3 jours de conférences
- 210 communications, réparties entre présentations orales et
posters, résultats de recherche et retours d'expériences
- environ 660 participants et 37 pays représentés
- 1 conférence de clôture prestigieuse, qui constitue une manifestation
en soi : "De la gestion des eaux pluviales urbaines à la gestion
durable des eaux urbaines"
- 1 exposition de posters scientifiques et techniques et de produits innovants
(20 exposants et 40 posters)
- 2 visites techniques, jeudi 10 juin : L'écopole du Forez, dans la
Loire, et le Grand Lyon, avec la station d'épuration de Pierre-Bénite
et l'opération Porte des Alpes.
- 4 séminaires thématiques dimanche 24 juin , organisés
par des groupes de travail internationaux
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Participation
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Une croissance continue de la participation (250 en 1992, 300 en 1995, 380
en 1998, 450 en 2001, 600 en 2004 et 675 en 2007).
| Nombre d'inscrits | Nombre de pays | |
| Afrique |
6
|
3
|
| Amérique du nord |
26
|
2
|
| Amérique du sud |
10
|
3
|
| Asie |
29
|
6
|
| Europe ouest |
168
|
20
|
| France |
409
|
1
|
| Océanie |
27
|
2
|
| Total |
675
|
37
|
| Total étrangers |
266
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Une participation équilibrée entre :
Chercheurs : 1/3 des participants
Collectivités locales et administrations : 1/3 des participants
Entreprises privées, bureaux d'étude, gestionnaires : 1/3 des
participants
La proportion de chercheurs est plus forte parmi les participants étrangers
et la proportion de partenaires opérationnels est plus forte parmi
les participants français. Il est possible de considérer que
Novatech est le lieu de rencontre privilégié des meilleurs experts
scientifiques internationaux du domaine avec les techniciens français.
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Photos souvenirs de Novatech 2007 |
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Synthèse Novatech 2001 |
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Les
phénomènes physiques
1- Les sources de pollution sont extrêmement diversifiées en
ville, le rôle des toitures ne doit pas être négligé
si l'on s'intéresse aux métaux lourds.
2- Les phénomènes chimiques et biologiques jouent un grand rôle
dans le transfert des polluants tout aussi bien en surface que dans le système
d'évacuation (réseau d'assainissement). Le résultat peut
être positif (biodégradation relativement rapide des hydrocarbures
sur le sol, biodégradation de la matière organique à
l'intérieur du système d'assainissement). Il peut également
être négatif (synthèse de composés différents
de ceux introduits et potentiellement plus toxiques).
La métrologie
1- Les données actuelles sont insuffisantes en nombre et très
imprécises. Il s'agit d'un point de blocage pour le progrès
des connaissances. L'évaluation des incertitudes associées est
également indispensable.
2- Les chercheurs commencent cependant à développer des bases
de données disponibles sur Internet qui permettent d'échanger
des connaissances (en particulier base de données sur les performances
des techniques alternatives).
Les ouvrages
1- Beaucoup de technologies nouvelles deviennent matures et le développement
des connaissances permet une amélioration continue des procédés
techniques innovants (dépollution des eaux pluviales, techniques d'infiltration,
ouvrages de stockage à la parcelle, etc.)
2- Il reste cependant des questions ouvertes portant en particulier sur la
durabilité et la maintenabilité des ouvrages.
3- Le financement de la maintenance est souvent difficile. Dans beaucoup de
pays il est beaucoup plus simple de trouver de l'argent pour construire que
pour maintenir.
4- Des problèmes nouveaux prennent de l'importance, en particulier
celui de la responsabilité vis à vis du risque accident dans
le cas d'ouvrages ouverts au public.
5- La gestion en temps réel des ouvrages semble trouver un second souffle
(exemples de Québec ou de Barcelone), du fait d'une efficacité
potentielle très grande. Le problème traité majeur est
maintenant celui de la limitation des pollutions rejetées. De ce fait
l'efficacité peut surtout être améliorée pour les
petites pluies, ce qui rend moins contraignantes les contraintes liées
aux difficultés de la prévision météo. Le problème
de la qualité des données et la possibilité de les valider
en temps réel sont des aspects cruciaux.
Le cas particulier des pays en développement
Les pays en développement connaissent des situations très différenciées,
ce qui implique de rechercher des solutions également différenciées.
Globalement les deux mots clés conditionnant le succès de ces
solutions sont " culture locale " et " démarche participative
". Les problèmes techniques passent au second plan.
Nécessité d'un changement de stratégie
Globalement cet aspect a été au centre des discussions. Il ne
s'agit pas d'améliorer les ouvrages d'assainissement mais de changer
de stratégie de gestion des eaux pluviales urbaines. Ce thème
peut lui-même être découpé en trois sous-thèmes
:
Aspect aide à la décision
La limite actuelle des approches intégrées apparaît extrêmement
liée au fait que les problèmes de décisions sont mal
posés.
La recherche d'indicateurs de performance communs à tous n'est pas
toujours facile : par exemple, comment lier rejets à effets sur les
milieux récepteurs ?
Il y a une grande difficulté à intégrer les aspects techniques
aux aspects institutionnels et sociaux. Ceci est particulièrement compliqué
si les objectifs des ouvrages sont multiples.
Enfin il est très difficile de bien définir les objectifs, ce
qui amène directement à une question essentielle largement débattue
:
Comment faire participer les citoyens ?
Deux éléments de réponse ont été avancés
:
1 Il est nécessaire d'avoir une vision à long terme, d'où
l'importance des problèmes de participation, d'éducation et
d'adaptation des organisations.
2 L'éducation a un rôle essentiel. Elle doit concerner l'ensemble
des acteurs et des citoyens et permettre le développement d'une culture
commune de l'eau.
Aspects économiques
Très peu de conférences ont abordé directement ce sujet
qui a cependant constitué un aspect central dans les discussions. En
dehors de questions classiques sur l'évaluation des coûts, deux
idées fortes ont été soulevées :
1 La conception des ouvrages permettant des usages multiples rend plus facile
le financement de l'investissement et du fonctionnement.
2 Quelle est la valeur économique de l'eau ?
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Synthèse Novatech 1998 |
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Troisième
conférence internationale sur les nouvelles technologies en assainissement
pluvial
Novatech 1998, troisième conférence internationale sur les nouvelles
technologies en assainissement pluvial, s'est tenue à Lyon en mai dernier.
Elle était organisée par le GRAIE (Groupe de Recherche Rhône-Alpes
sur les Infrastructures et l'Eau) et soutenue par onze organisations françaises
et internationales, dont Eurydice 92 et le Grand Lyon. Cette conférence
a accueilli environ 340 participants issus de 24 pays.
Le nombre élevé de participants à cette troisième
édition de Novatech est révélatrice d'un succès
croissant et durable. Le programme de la conférence rassemblait 130
communications, traitant principalement des solutions innovantes pour le contrôle
des rejets urbains de temps de pluie et leur traitement. Toutes les communications
sont rassemblées dans les actes de la conférence, disponibles
au GRAIE. L'AIQE (Association Internationale pour la Qualité de l'Eau)
publie début 99 un numéro spécial dans la revue Water
Science and Technology, dans lequel figurera une trentaine de communications,
rigoureusement sélectionnées par le Comité Scientifique
de Novatech (dirigé par le Professeur Michel Desbordes).
Nous vous proposons ici quelques rapides commentaires sur les sujets développés.
De manière générale, il n'apparaît pas de grandes
nouveautés depuis Novatech'95, mais plutôt un renforcement des
connaissances, l'argumentation d'hypothèses émises trois ans
plus tôt et la multiplication des expériences sur les différents
continents.
Le développement durable apparaît au cur des préoccupations,
plus particulièrement en ce qui concerne les rejets de temps de pluie.
Les concepts proposés vont jusqu'à l'objectif zéro rejet
à l'échelle des agglomérations urbaines. La ville de
Tokyo fait de gros efforts dans ce sens. D'autres communications insistent
d'avantage sur la modélisation mathématique de la qualité
de l'eau, premier pas vers une planification durable (Pays-Bas). Aux Etats-Unis,
c'est la pollution visuelle, due aux rejets urbains de temps de pluie, qui
prime sur la prise en compte des impacts écologiques ; cette pollution
est en effet celle qui est la plus largement perçue par le consommateur,
lequel contribue directement au financement de l'assainissement pluvial, via
un service public.
De nombreuses communications traitent de la caractérisation de la pollution
des rejets urbains de temps de pluie, non seulement en terme de composition
chimique, mais surtout en terme de traitabilité. Dans ce domaine, une
attention toute particulière est portée sur la décantabilité
de la pollution, dont l'évaluation est recherchée selon de multiples
protocoles en laboratoire et in situ. Une certaine normalisation des protocoles
serait tout à fait souhaitable, pour pouvoir comparer non seulement
les méthodes, mais surtout les résultats sur l'efficacité
des procédés de traitement.
Les technologies de pointe développées dans ce domaine comportent
l'analyse granulométrique in situ par laser (Canada), la spectrophotométrie
par U.V. (France), et le traitement d'images par l'utilisation de réseaux
de neurones (Danemark).
D'autres avancées en matière de modélisation des rejets
de temps de pluie sont exposées, soit par le développement de
nouveaux modèles, soit par des adaptations / améliorations des
modèles existants. Pour la modélisation des déversoirs
d'orage, les recherches semblent s'orienter vers des approches simplifiées
basées sur des modèles stochastiques (Belgique, Pays Bas).
Pour le traitement des rejets de temps de pluie, les recherches sur les process
se multiplient. En trois ans, une bonne connaissance du fonctionnement et
des performances des séparateurs hydrodynamiques a été
acquise, soit par des observations en laboratoire, soit par des simulations
mathématiques (Grande-Bretagne, Belgique, Allemagne). De nombreuses
autres solutions pour le traitement des effluents de temps de pluie sont présentées
; citons notamment la décantation avec floculants ; l'aéroflottation
- filtration sur sable - désinfection par U.V. ; la coagulation-floculation
physico-chimique et l'oxydation chimique ; l'utilisation de barrages flottants
pour le piégeage des flottants ; la mise en place de dégrilleurs
à brosses autonettoyants ; la récupération des solides
par des séparateurs au niveau des déversoirs d'orage (Canada,
France, Allemagne). Des études sont menées sur l'efficacité
des bassins de décantation en fonction de leur gestion (vidanges en
particulier), utilisant des modèles CFD pour simuler la distribution
des particules dans les bassins (Belgique, Allemagne).
La gestion des eaux pluviales se développe dans de nombreux pays ;
en plus des bassins et des noues ou fossés, très populaires
en Amérique du Nord, de nombreuses communications mettent l'accent
sur les ouvrages d'infiltration, plus particulièrement sur les tranchées
filtrantes et leur efficacité à long terme (Danemark, France).
une solution couplée de fossé enherbé couvrant une tranchée
d'infiltration a été expérimentée (Allemagne).
La biofiltration (l'effluent traversant une zone végétalisée)
est également largement testée et semble efficace pour améliorer
la qualité des eaux de ruissellement. Un bon nombre de communications
traite également des chaussées poreuses, avec ou sans réservoirs
(structures réservoirs constituées de granulats ou de structures
alvéolaires en béton ou en matières plastiques). Cette
solution technique est largement étudiée et utilisée
en France. De nouvelles structures hydrauliques facilitant le contrôle
des débits de pointe des surverses de réseaux d'eaux pluviales
sont expérimentées en Australie.
Pour finir, un certain nombre de communications traitent de l'incidence des
apports de temps de pluie sur le fonctionnement et la gestion des stations
d'épuration. L'approche la plus répandue pour étudier
ces contraintes consiste à s'appuyer sur un site réel, équipé
d'outils de gestion en temps réel.
Nous sommes dès à présent dans l'expectative de la quatrième
conférence Novatech, à Lyon en 2001. Le Comité scientifique
insiste sur le fait que l'intérêt de la conférence repose
sur la présentation de technologies innovantes et sur la suppression
de la barrière des langues. Pour les congressistes non-européens,
ces conférences constituent le lieu idéal pour connaître
les recherches et expérimentations sur la pollution des rejets urbains
de temps de pluie menées en Europe. L'organisation de telles conférences,
tant scientifiques que techniques, est un travail difficile, qui demande beaucoup
d'efforts et le soutien de nombreux collaborateurs. Pour ce qui est de Novatech
1998, les forces motrices doivent être remerciées pour un travail
aussi bien accompli, à savoir : le Président du Comité
scientifique, Michel Desbordes (Université de Montpellier), le Président
du Comité d'organisation, Bruno Polga également Vice-Président
du Grand Lyon, le secrétaire général des conférences
Novatech, Bernard Chocat (INSA) et Elodie Brelot (GRAIE).
Jiri Marsalek
Secrétaire du comité joint IAHR / IAWQ
sur l'assainissement pluvial
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Synthèse Novatech 1995 |
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Le
but de ce document est de faire une synthèse des communications présentées
au cours de la deuxième conférence internationale sur les nouvelles
technologies en assainissement pluvial, NOVATECH 95, qui s'est tenue à
Lyon entre le 30 mai et le 1er juin 1995. Il s'attache tout particulièrement
à mettre en évidence les avancées les plus significatives
sur lesquelles un consensus semble s'être effectué, ainsi que
certaines idées novatrices et originales susceptibles de se développer
au cours des années à venir.
Le contenu de l'article s'appuie tout particulièrement sur un important
travail de synthèse effectué par les différents présidents
de séance qui ont chacun immédiatement établi un compte
rendu des communications et des débats qu'ils ont dirigés. Leurs
contributions ont permis de dégager les idées principales qui
ressortent des 70 communications présentées au cours de la conférence.
Les auteurs voudraient remercier chaleureusement chacun d'entre eux.
Au cours de NOVATECH 95, les communications ont traité des nouvelles
solutions en assainissement pluvial, essentiellement selon trois angles :
- les nouvelles technologies en assainissement pluvial : ouvrages de stockage
et d'infiltration in situ, mais aussi techniques de traitement et de contrôle
de la pollution produite par temps de pluie ;
- les nouvelles approches de la gestion urbaine de l'eau et les nouveaux critères
pris en compte pour l'étude de l'assainissement pluvial urbain : beaucoup
de communications se sont notamment attachées à rétablir
les liens entre la gestion de l'eau dans son ensemble (cycle urbain mais aussi
naturel) et l'aménagement de l'espace ;
- la compréhension et la prévision du fonctionnement des ouvrages
et du cycle urbain de l'eau : développement d'outils de modélisation,
mathématique mais aussi physique, ainsi que méthodes de gestion
en temps réel des ouvrages.
Nous avons retenu neuf thèmes pour la présentation des principaux
résultats.
1. Utilisation des chaussées à structure
réservoir.
Ce type de technique prend de l'importance principalement en France et dans
certains pays d'Europe du Nord. Toutes les études présentées
confirment l'aptitude de cette technique à réduire les débits
de pointe et les volumes évacués à l'aval, de même
que les concentrations en polluants et donc les masses de pollution. Ce résultat
est vrai même si aucune structure spécifique de piégeage
de la pollution n'est prévue. Une étude effectuée au
Royaume Uni (C.J. Pratt) donne des résultats prometteurs sur la biodégradabilité
des hydrocarbures piégés à l'intérieur de la chaussée.
En France, les chaussées à structure réservoir ont dépassé
la phase expérimentale et les études s'intéressent maintenant
au problème de l'entretien. Ce dernier doit s'intégrer dans
une politique générale de gestion de la pollution des voiries
urbaines, car les matériaux retenus par les revêtements drainants
contiennent des quantités parfois importantes de micro-polluants. Des
machines spécifiques sont nécessaires pour la récupération
des produits de décolmatage. Un entretien préventif par aspiration
est conseillé.
2. Autres ouvrages de stockage.
Plusieurs communications ont été présentées portant
sur le dimensionnement et l'exploitation des bassins de retenue. Un élément
très étonnant réside dans la grande diversité
des paramètres de dimensionnement ou d'évaluation de l'efficacité.
Cette diversité semble due à la fois à la diversité
des climats et à celle des problématiques. De plus en plus la
fonction de lutte contre la pollution vient compléter la fonction hydraulique.
Concernant cet aspect de lutte contre la pollution, deux approches contradictoires
sont proposées : utiliser les bassins comme des ouvrages de décantation
(avec une efficacité de piégeage des MES pouvant atteindre 80%),
ou au contraire les concevoir de façon à amener le maximum de
pollution à la station d'épuration.
Sur un plan méthodologique, plusieurs intervenants ont insisté
sur la difficulté à exploiter les données mesurées
traitées statistiquement comme entrée des modèles de
dimensionnement. Cette difficulté semble fournir une piste intéressante
de recherche pour les années à venir.
3. Infiltration des eaux de temps de pluie.
L'infiltration des eaux de ruissellement apparaît comme une technique
à redécouvrir. Elle semble particulièrement intéressante
à utiliser dans les zones semi-arides où elle permet de (re)constituer
des réserves utilisables, du moins pour l'arrosage, pendant les périodes
sèches. En Australie et au Japon, des règles de dimensionnement
et de gestion sont en cours d'élaboration, ce qui devrait permettre
de développer l'utilisation de ce type de technique. En pratique il
ne semble pas qu'il y ait d'obstacles physiques interdisant l'infiltration
in situ des eaux de ruissellement. Cette technique devrait donc se développer
de façon importante dans l'avenir.
4. Contrôle ou traitement des eaux urbaines
de temps de pluie avant rejet.
Le traitement et le contrôle des rejets urbains
de temps de pluie est apparu comme le point fort de la conférence.
Cet aspect a été abordé d'une façon ou d'une autre
dans plus de la moitié des communications. Il est particulièrement
étudié en Europe, essentiellement du fait de l'évolution
de la réglementation. Plusieurs pistes ont été explorées.
- L'utilisation de bassins de retenue comme bassins de décantation.
Plusieurs communications ont montré l'efficacité potentielle
de ce type de technique qui permet de retenir jusqu'à 80% des matières
en suspension ; le devenir des sédiments est très discuté
: faut-il les renvoyer vers la station d'épuration après l'événement
pluvieux ou les récupérer dans le bassin ?
- La réduction de la pollution à la source : de nombreuses communications
ont été consacrées à ce thème ; elles ont
permis d'évaluer l'efficacité de plusieurs techniques : chaussées
à structure réservoir, avaloirs améliorés, tranchées
d'exfiltration partielle. L'idée majeure qui se dégage est que
ces dispositifs sont potentiellement très efficaces vis à vis
du contrôle de la pollution, notamment en complément de systèmes
existants, mais qu'ils augmentent notablement les problèmes de maintenance.
- Deux communications ont traité de l'efficacité des séparateurs
hydrodynamiques. L'une conclut à une relative efficacité sur
la rétention de la DCO et des MES ; l'autre (M. Hübner) est plus
réservée. Il semble que divers paramètres expliquent
ces différences d'appréciation : la capacité de l'ouvrage,
le critère d'efficacité utilisé et les conditions des
essais (régime permanent ou régime transitoire).
- Quatre communications françaises ont présenté des résultats
obtenus sur des pilotes expérimentaux destinés à étudier
l'efficacité de techniques spécifiques de traitement : décantation
lamellaire, floculation, lestage avec du micro sable, etc.. Il s'agit de techniques
bien connues qui ont été optimisées pour le traitement
des rejets de temps de pluie. Les auteurs ont présenté des résultats
encourageants, mais les protocoles expérimentaux ne sont pas toujours
très clairs et il serait nécessaire de les tester avec de réels
effluents urbains de temps de pluie ; de plus, les aspects économiques
n'ont pas été abordés.
- Une piste relativement originale pour réduire la pollution liée
aux déversements unitaires, proposée par H.C. Preul, consiste
à stocker les eaux usées pendant les périodes pluvieuses
de façon à ne rejeter que des eaux pluviales. Il ne s'agit pour
l'instant que d'une démarche théorique ; la faisabilité
pratique en vraie grandeur de cette hypothèse reste à confirmer.
- Deux communications (C. Joannis et J. Decker) ont mis en évidence
l'importance des intrusions d'eaux parasites dans les réseaux d'assainissement
suite aux épisodes pluvieux, ainsi que l'impact de ces intrusions sur
le fonctionnement des stations d'épuration.
5. Prise en compte de la gestion intégrée des rivières
urbaines dans la définition des stratégies d'assainissement
des agglomérations.
Ce thème a particulièrement été abordé
par les exposés de B. Ellis et de T. Ota. Il a été sous-jacent
dans plusieurs autres exposés. La question centrale est de savoir comment
refaire le lien entre la partie artificielle du cycle de l'eau, qui fait l'objet
du réseau d'assainissement pluvial, et la partie, encore plus ou moins
naturelle, constituée par les écoulements dans les réseaux
hydrographiques. B. Ellis a défendu l'idée de développement
durable et la nécessaire re-naturalisation des cours d'eau urbains.
La discussion a fait apparaître que l'une des difficultés principales
résidait dans la non disponibilité d'espaces à proximité
des rivières, particulièrement dans les zones urbaines denses.
Malgré tout, la réintégration de la partie urbaine du
cycle de l'eau dans le cycle naturel semblent bien être l'un des enjeux
importants de cette fin de siècle dans beaucoup de pays développés.
6. Définition de nouveaux critères et de
nouvelles méthodes d'aide à la décision en matière
de choix de stratégies d'assainissement pluvial.
L'aide à la décision en matière de
choix de stratégies d'assainissement pluvial constituait le sujet principal
de quatre communications. Les chercheurs se sont principalement intéressés
à la recherche de critères pertinents d'aide à la décision
(J. Argue, Y. Azzout), à la mise en évidence des relations entre
les actions d'aménagement et leurs conséquences sur le cycle
de l'eau (T. Ota), à l'utilisation de méthodes classiques ayant
fait leurs preuves dans d'autres domaines comme l'assurance qualité
(E. Alfakih) ou les systèmes experts (Y. Azzout, J. Argue). La qualité
d'un système d'assainissement est jugé à partir de sa
capacité :
- à bien contrôler les débits et limiter les risques d'inondation
;
- à minimiser la pollution rejetée ;
- à utiliser les eaux de ruissellement pour réalimenter la ressource
en eau.
7. Difficultés institutionnelles d'utilisation
des nouvelles techniques et nécessité de les intégrer
dans l'aménagement urbain.
Plusieurs études de cas, provenant de différents continents,
ont mis en évidence une grande ressemblance dans les problèmes
d'intégration des nouvelles techniques de gestion des eaux pluviales
dans l'aménagement urbain. Une volonté permanente d'intégration
paysagère, urbanistique et d'usages multiples apparaît comme
une nécessité. Cette volonté se heurte souvent à
des difficultés financières (transfert financier entre la collectivité
et les particuliers, nécessité de trouver de nouvelles ressources),
sociales (acceptation par les usagers) ou de gestion. Concernant ce dernier
point, une très intéressante étude de cas française
(I. Perez-Sauvagnat), portant sur 128 petits bassins de retenue construits
sur le domaine privé, montre que ces derniers sont souvent très
mal entretenus et, de ce fait, posent de gros problèmes de fonctionnement.
Cette étude est confirmée par d'autres résultats, obtenus
notamment en Australie (G. O'Loughlin), et qui amènent à conclure
que le stockage à la parcelle des eaux de ruissellement dans des bassins
de retenue, n'est pas nécessairement la solution la plus adéquate
pour gérer les eaux pluviales. De façon pratique, plusieurs
auteurs ont insisté sur l'intérêt d'une contractualisation
des relations entre les particuliers et la collectivité, venant compléter
une information précise sur le fonctionnement des techniques utilisées.
8. Développement de nouveaux outils d'acquisition
de connaissance ou d'étude.
Une première série de communications a présenté
une nouvelle génération d'outils informatiques de simulation
des rejets urbains de temps de pluie. Les progrès effectués
portent essentiellement sur l'ergonomie et la facilité d'utilisation.
Ces outils nécessitent cependant toujours un calage important sur le
site à simuler ce qui rend difficile une généralisation
rapide de leur exploitation. La question d'un modèle fiable de transport
de pollution en réseau, susceptible de travailler sur des pas de temps
courts, a également été évoquée.
Sur le plan méthodologique, le point le plus remarquable a été
le grand nombre d'études reposant sur l'utilisation de séries
chronologiques de pluies observées en entrée des modèles,
associée à une analyse statistique des résultats. La
généralisation de cette démarche (qui elle même
n'est pas nouvelle) est rendue possible par le progrès des ordinateurs
et des logiciels et les séries chronologiques de pluies semblent devoir
à terme remplacer les pluies de projet. Dans le but de mettre à
disposition des données réelles, une base de donnée rassemblant
des informations simultanément sur la pluie, les débits et la
pollution de l'eau sur différents bassins versants est développée
en France (A. Saget). Cette base de données devrait être élargies
à des données européennes.
Concernant la conception des ouvrages de stockage, deux communications ont
présenté des études effectuées sur modèle
réduit, essentiellement pour étudier l'efficacité (ou
les risques) de dépôt de MES dans les ouvrages. Ce phénomène
est en effet très sensible à la présence d'obstacles
(poteaux, piliers, différentes structures internes), et sa modélisation
mathématique est très compliquée (P. Bourgogne).
Une communication originale (M.R. Rasmussen) s'est intéressée
à l'utilisation des réseaux de neurones pour la simulation des
systèmes d'assainissement. Les temps de calcul sont réduits
de façon très spectaculaires (divisés par 100) et les
résultats obtenus sont intéressants. Cette technique nécessite
cependant de disposer de nombreuses données fiables sur le site.
Enfin, une seule communication (G. Ruban) a porté strictement sur les
aspects métrologiques. L'appareil présenté est un pollutomètre
à infrarouges ; il permet de mesurer en continue la concentration de
différents indicateurs (MES, DCO, nitrates), ce qui constitue un progrès
considérable par rapport aux techniques de prélèvement.
L'appareil n'est cependant efficace que pour des écoulements peu chargés
en matières en suspension.
9. Gestion en temps réel.
Même si la gestion en temps réel n'était pas un thème
central de la conférence, ce sujet a cependant été abordé
dans quatre communications. M. Jorgensen a mis en évidence de façon
théorique que le contrôle en temps réel était plus
efficace lorsque l'on disposait de capacités de stockage à l'amont
du réseau. Les résultats obtenus par A.G. Capodaglio montrent
que le contrôle en temps réel est intéressant pendant
l'événement pluvieux, mais également jusqu'à six
à huit heures après l'événement (ce qui pourrait
être dû à l'importance des intrusions d'eaux par infiltration
à l'intérieur des réseaux unitaires). Les deux dernières
communications ont porté sur l'amélioration des outils de simulation
utilisables en temps réel (D.J. Lumley) et sur les possibilités
d'utilisation des systèmes experts dans le choix des stratégies
de contrôle en temps réel (C. Perrod). L'efficacité en
termes écobnomique de la gestion en temps réel a été
soulevée au cours des discussions. Si l'on peut démontrer que
la gestion en temps réel permet de réduire exceptionnellement
les rejets de temps de pluie, le simple surdimensionnement des ouvrages semble
être parfois moins couteux.
10. Conclusions.
D'une manière générale, NOVATECH 95 a montré que
l'assainissement pluvial des agglomérations soulevait de multiples
questions auxquelles seules des approches transdisciplinaires pouvaient apporter
des éléments de réponse. La conférence a également
mis en évidence l'intérêt des confrontations internationales
pour favoriser la structuration de telles approches.
De façon plus précise, trois conclusions spécifiques
méritent d'être développées, qui constituent autant
de sujets de réflexion pour l'avenir :
NOVATECH a pour objet les nouvelles technologies en assainissement pluvial,
ce qui nous amène à nous poser la question de ce qui est nouveau.
La conférence a montré que beaucoup de technologies nouvelles
n'ont en fait de novateur que le fait qu'elles soient peu développées
et, par conséquent, innovantes par rapport aux approches classiques.
Beaucoup sont utilisées depuis plusieurs dizaines d'années,
certaines sont connues depuis de nombreux siècles. Les scientifiques
et ingénieurs ont donc souvent acquis les connaissances et les compétences
qui permettent d'assurer l'efficacité des ouvrages d'un point de vue
technique. Le frein à l'utilisation de ces solutions innovantes n'est
donc pas technique, mais financier, social, politique, sociologique, etc..
Pour que l'utilisation de ces solutions se généralise, les techniciens
doivent avant tout faire partager leur point de vue à leurs concitoyens
et surtout à leurs représentants.
La deuxième question, qui découle d'ailleurs de la première,
est celle de l'intérêt de ces solutions nouvelles pour notre
société. Quelle activité économique ces solutions
sont elles susceptibles de générer ? Quels services sont-elles
susceptibles de produire ? Si ces questions sont d'actualité pour les
pays industriels, elles le sont encore plus pour les pays en voie de développement,
car ces solutions paraissent tout à fait adaptées aux besoins
et problématiques que l'on y rencontre. Apporter des réponses
argumentées à ces interrogations constituerait probablement
un moteur puissant à une meilleure gestion urbaine de l'eau.
La troisième question relative à ces approches non-traditionnelles
est relative à leur pérennité. A long terme, comment
sont susceptibles d'évoluer les techniques de contrôle à
la source ?
Ces questions ont bien sûr déjà fait l'objet de discussions
au cours de NOVATECH 95, elles pourraient être abordées beaucoup
plus largement lors de NOVATECH 98.