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Soutenance HDR "Approche socio-envrionnementale du Néolithique à l’Anthropocène : quelques études intégrées de la Vallée du Rhône aux milieux Nord Méditerranéens"

Jean-François Berger a le plaisir de vous inviter à sa soutenance d’Habilitation à Diriger des Recherches (Spécialité : Géographie physique) le mardi 16 juin 2015 à Lyon, amphithéâtre Benvéniste (Maison de l’Orient Méditerranéen).

Résumé du mémoire :

Le bassin du Rhône a fait l’objet depuis une vingtaine d’années d’une intense exploration géoarchéologique de ses plaines alluviales. Les analyses multi-proxies à haute résolution chronologique, l’échelle micro-régionale de la relation société-milieu, et la longue durée ont été privilégiées. Elles ont intégré la question des rythmes et des échelles des processus qui permet d’identifier les trajectoires et bifurcations des systèmes socio-environnementaux, à la fois sur les sites archéologiques et en hors-site. De nouvelles archives (bras-morts, structures hydrauliques) ont été exploitées et testées à titre exploratoire. Une approche intégrée en géomorphologie et paléo-pédologie a été systématiquement appliquée entre les Basses Terres dauphinoises au nord et la plaine d’Orange au sud afin de bâtir un cadre paléoenvironnemental postglaciaire. L’utilisation combinée des CPDF (cumulative probability density function) sur les paléosols et les formations alluvio-colluviales, a permis de présenter un cadre chronostratigraphique robuste des fonds de vallées rhodaniennes, comparable à ce qui a pu être proposé récemment dans le domaine lacustre centre européen et méditerranéen. Les données exploitées s’avèrent soit qualitatives et précises temporellement (cas des bras-morts, des structures hydrauliques ou des séquences archéologiques riveraines des cours d’eau), soit quantitatives (budgets sédimentaires micro‐régionaux) et donc moins précises, mais plus riches d’enseignements sur les transformations profondes qui ont affecté les bassins-versants rhodaniens.

Nos résultats démontrent que les sédiments des fonds de vallées alluviales représentent des archives continentales particulièrement efficaces pour discuter des interactions socio-environnementales dans la longue durée. Elles recèlent de nombreuses traces d’occupation encore insoupçonnées il y a quelques années et documentent fidèlement, par l’évolution de leur style fluvial et leurs formations pédosédimentaires, les changements climato-environnementaux abrupts (forçages solaires, océaniques) qui se succèdent aux échelles millénaires (8.2, 7.3, 6.2, 5.3, 4.2, 2.7 ka BP, PAG) ou plus graduellement (forçage orbital du début de l’Holocène récent). Les changements d’échelle d’analyse que nous avons proposés notamment dans le cadre de ce mémoire, illustrent une réalité encore insoupçonnée dans le redéploiement spatial opéré par les sociétés archéologiques, de l’échelle micro-régionale à régionale, lors de changements climato‐environnementaux ou de ruptures socio-politiques et économiques majeurs (Néolithique moyen 1-­2, Néolithique final III/Bronze ancien 1, âge du Bronze/Fer I, milieu de l’Antiquité et transition Antiquité-­Moyen Age).

La révolution « quantitativiste » et spatio‐temporelle récemment opérée dans les domaines archéologiques, géomorphologiques et géochimiques modifie ainsi notre perception (i) des dynamiques sociétales anciennes, (ii) de leur impact sur le fonctionnement des environnements et (iii) des rétroactions souvent positives de notre environnement à ces forçages anthropogéniques diversifiés. Elle stimule les questionnements sur les rapports Nature/Culture et représente un palier important pour raisonner sur l’origine des ruptures socio‐environnementales. Nous proposons in fine une chronologie précise des six étapes du développement de l’Anthropocène rhodanien depuis le début du Néolithique. Cette approche s’inscrit pleinement dans le dialogue qui se développe entre sciences de la nature et sciences de la société autour du concept d’anthroposystème (et d’Anthropocène).

Membres du jury :

M. John Bintliff, Professeur émérite, Université d’Edimbourg

M. Jean-­Paul Bravard, Professeur émérite, Université de Lyon 2 (coordonateur)

M. Mauro Cremaschi, Professeur, Université de Milan (rapporteur)

M. Bernard Geyer, Directeur de Recherches CNRS, UMR 5133, Lyon 2 (rapporteur)

M. Jean Guilaine, Professeur émérite, Collège de France et Académicien

M. Laurent Lespez, Professeur, Université de Paris Est Créteil (rapporteur)

M. Michel Magny, Directeur de Recherches CNRS, UMR 6565, Besançon (examinateur)

Mme. Stéphanie Thiébault, Directrice de Recherches CNRS (examinateur)