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Les objectifs scientifiques

L’objectif de l’Observatoire des Sédiments du Rhône est à la fois de comprendre la variabilité spatiale et temporelle de la dynamique sédimentaire, et également d’éclairer les principaux gestionnaires du fleuve dans la mise en œuvre de leur politique environnementale.

Afin d’améliorer les connaissances scientifiques autour du transit sédimentaire et des formes fluviales du Rhône, l’OSR réalise des programmes d’actions successifs et de durées variables mais qui répondent tous à la même logique : croiser questions scientifiques et enjeux opérationnels.

A l’échelle du Rhône, les questions posées pour définir un politique durable de gestion du transit sédimentaire sont complexes et exigent bien souvent un approfondissement et une capitalisation des savoirs et des connaissances.

Ces questions sont principalement :

  • Comprendre l’évolution du chenal afin de mieux faire le lien entre la dynamique sédimentaire et le risque en matière d’inondation et promouvoir de nouvelles logiques de protection des biens et des personnes.
  • Gérer le déficit sédimentaire et ses impacts, notamment au niveau de la zone deltaïque et du littoral méditerranéen.
  • Connaître les flux de matière et les contaminants associés au transport de sédiments d’une manière globale pour saisir la contribution du Rhône à la mer Méditerranée et en détail pour identifier le rôle des différents affluents sur l’ensemble du corridor fluvial.
  • Identifier les liens entre les formes sédimentaires et les habitats écologiques, qu’ils soient aquatiques ou riverains, en vue de les protéger ou de les restaurer.
  • Analyser l’impact de certaines pratiques touchant directement les stocks sédimentaires ou les formes fluviales (chasse, dragage, essartement) afin d’améliorer les modes de gestion et minimiser leurs impacts environnementaux.
  • Produire, centraliser, structurer et archiver les données portant sur les sédiments du Rhône afin d’optimiser la production des connaissances futures et les diffuser auprès des acteurs de l’eau, des décideurs publics et des citoyens.


Ces interrogations en termes de gestion soulèvent à leur tour des questionnements scientifiques. D’une manière générale, pour avancer sur ces problématiques, l’OSR se fixe comme objectif scientifique de comprendre la variabilité spatiale et temporelle de la dynamique sédimentaire et de raisonner en terme de budget sédimentaire dans une perspective comparative et multi-scalaire (variation amont/aval, inter-comparaison des sections court-circuitées ou des retenues, contribution événementielle, fluctuation saisonnière, évolution inter-annuelle et à long terme) afin de bien mesurer l’importance respective des facteurs de contrôle et caractériser les tendances évolutives. Pour répondre à cette ambition, plusieurs axes de recherche se dessinent :

  • Quantifier le transfert sédimentaire de la charge en suspension et de la charge de fond à différentes échelles temporelles (séculaire, inter-annuelle, événementielle).
  • Quantifier les flux de contaminants organiques et minéraux associés aux sédiments.
  • Étudier les relations entre les dynamiques fluviales et les processus de morphogénèse deltaïque et littorale, caler les modèles morphodynamiques prédictifs d’évolution du trait de côte.
  • Établir un budget sédimentaire intégrant les discontinuités longitudinales et les entrées, c’est-à-dire toute la complexité géographique du continuum mettant en lumière le rôle des aménagements dans ce processus.
  • Caractériser (datation, pollution) les stocks sédimentaires (retenues et marges alluviales) et établir une typologie des remplissages. Comprendre notamment la répartition des polluants hydrophobes stockés et des phénomènes de remobilisation.
  • Modéliser les écoulements et évaluer les conséquences hydrologique et hydraulique de l’histoire sédimentaire contemporaine du corridor alluvial rhodanien.
  • Analyser les effets du changement climatique sur les dynamiques fluvio-sédimentaires et sur l’interface fleuve-mer

Ces questions scientifiques ne peuvent être résolues facilement et nécessitent une démarche collective et interdisciplinaire sur plusieurs années, les premières connaissances servant de base pour produire les suivantes. La réflexion s’inscrit donc dans la durée, au sein d’un observatoire qui collecte et diffuse la donnée, et favorise le partage des idées et les partenariats.

En 2015, l’OSR commencera son 4e programme d’action (OSR4-2015/2018) qui donne suite à trois précédents programmes : OSR1-2009/2010, OSR2-2010/2013 et OSR3-2014.